Ce qu’il faut retenir
- T568A et T568B ne diffèrent que par la position des paires orange et verte : broches 1, 2, 3 et 6. Les paires bleue (4-5) et marron (7-8) ne bougent pas.
- Un testeur de continuité ne voit pas une paire séparée : chaque fil arrive à la bonne broche, mais deux fils de paires différentes se retrouvent côte à côte. Seul un test de diaphonie (NEXT) le révèle.
- Un câble droit suffit pour tous les usages courants : le croisé (T568A d’un côté, T568B de l’autre) est inutile sur le matériel Gigabit actuel, qui détecte lui-même le sens des paires.
- Le PoE mode A passe par les broches 1, 2, 3 et 6, le mode B par les broches 4, 5, 7 et 8, et le 802.3bt peut utiliser les quatre paires.
Quel est le code couleur d’un connecteur RJ45 broche par broche ?
Le code couleur d’un connecteur RJ45 attribue une couleur de fil à chacune des 8 broches, selon deux schémas admis par la norme ANSI/TIA-568 : T568B et T568A. Le tableau donne les deux ordres et ce que chaque broche transporte selon le débit.
| Broche | T568B | T568A | 10/100BASE-TX | 1000BASE-T | PoE |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | blanc-orange | blanc-vert | émission | bidirectionnelle | mode A |
| 2 | orange | vert | émission | bidirectionnelle | mode A |
| 3 | blanc-vert | blanc-orange | réception | bidirectionnelle | mode A |
| 4 | bleu | bleu | inutilisée | bidirectionnelle | mode B |
| 5 | blanc-bleu | blanc-bleu | inutilisée | bidirectionnelle | mode B |
| 6 | vert | orange | réception | bidirectionnelle | mode A |
| 7 | blanc-marron | blanc-marron | inutilisée | bidirectionnelle | mode B |
| 8 | marron | marron | inutilisée | bidirectionnelle | mode B |
Les rôles d’émission et de réception valent pour un équipement terminal (une carte réseau, par exemple) ; un port de commutateur les inverse. Les paires sont numérotées par la TIA d’après leur couleur : 1 pour la bleue, 2 pour l’orange, 3 pour la verte, 4 pour la marron. Sur le connecteur, la paire 1 occupe toujours les broches 4 et 5, la paire 4 les broches 7 et 8 ; la paire 2 passe des broches 1-2 (T568B) aux broches 3-6 (T568A), et la paire 3 fait l’inverse.

Le PoE suit la même découpe : le mode A alimente par les broches 1, 2, 3 et 6, le mode B par les broches 4, 5, 7 et 8, et l’IEEE 802.3bt (27 septembre 2018) ajoute l’alimentation sur les quatre paires. À 10 ou 100 Mbit/s, le mode B emprunte des paires sans données ; à partir du Gigabit, toutes les paires portent des données et l’alimentation circule sur des paires qui transportent aussi du signal.
Pourquoi une paire séparée passe-t-elle le testeur de continuité ?
Une paire séparée (split pair) est une erreur de câblage où chaque fil rejoint la bonne broche aux deux extrémités, mais où deux fils de paires différentes occupent les broches destinées à une même paire. Fluke Networks donne l’exemple d’un fil prévu pour les broches 4-5 qui se retrouve sur la broche 7 aux deux bouts, tandis qu’un fil prévu pour les broches 7-8 arrive sur la broche 5.
Le contrôle de continuité le laisse passer, puisque la liaison est électriquement correcte broche à broche. Le test de diaphonie en extrémité proche (NEXT) échoue en revanche nettement, parce que les fils qui devraient être torsadés ensemble ne le sont plus. Fluke Networks la décrit comme l’erreur la plus difficile à identifier avec un test de schéma de câblage (wire map).
La règle qui l’évite tient en une phrase : les broches 1-2, 3-6, 4-5 et 7-8 doivent toujours recevoir les deux fils de la même paire, le fil blanc rayé et son fil uni. Ranger les huit couleurs « dans l’ordre » sans regarder les paires est une façon de la provoquer.
Les testeurs du catalogue sont des testeurs à voyants : le testeur de câble réseau à 12,83 € HT et le modèle professionnel Danicom à 15,16 € HT (prix relevés le 29 octobre 2026) affichent par LED si les conducteurs du câble fonctionnent. Leurs fiches ne mentionnent ni mesure de diaphonie ni détection des paires séparées : elles confirment une continuité, pas la qualité du torsadage.
Faut-il encore un câble croisé ?
Un câble croisé n’est plus utile pour relier du matériel Gigabit récent : le 1000BASE-T utilise les quatre paires dans les deux sens, et les interfaces actuelles détectent elles-mêmes le sens des paires. Un câble croisé se fabrique avec T568A à une extrémité et T568B à l’autre ; en 10 et 100 Mbit/s, cela revient à échanger les paires 2 et 3, donc les broches 1-2 contre 3-6.
L’IEEE 802.3 rend la configuration automatique MDI/MDI-X optionnelle pour le 1000BASE-T (article 40.4.4), et elle est présente sur la plupart des interfaces actuelles. Le croisé garde un sens pour relier directement deux équipements anciens limités à 100 Mbit/s qui n’ont pas cette détection. Pour tout le reste, câblez les deux extrémités avec le même schéma.
Que devient une ligne téléphonique RJ11 sur une prise RJ45 ?
Une première ligne téléphonique occupe les broches 4 et 5 d’une prise RJ45, soit la paire bleue, en T568A comme en T568B. Cette position centrale est commune au câblage téléphonique USOC et aux deux schémas Ethernet, ce qui permet à une prise RJ45 de servir une première ligne téléphonique.
La différence apparaît avec une seconde ligne : elle tombe sur la paire 2 en T568A et en USOC, mais sur la paire 3 en T568B, ce qui prête à confusion en téléphonie. Fluke Networks résume ainsi la préférence de la TIA pour le T568A : il reste compatible avec le câblage USOC à une et à deux paires, alors que le T568B ne l’est que pour une seule paire.
T568A ou T568B : que dit la norme et que fait-on en pratique ?
La TIA désigne le T568A comme schéma préféré de la norme ANSI/TIA-568 et admet le T568B, qui reprend l’ancien code couleur AT&T 258A. En pratique, le T568B est l’usage le plus courant dans les installations françaises, et Fluke Networks note la même tendance dans le résidentiel. Les deux offrent les mêmes performances ; le choix compte moins que la cohérence.
Fluke Networks précise que T568A et T568B ne sont pas interchangeables : un fil blanc-vert doit rester face à un blanc-vert, couleur contre couleur et rayure contre rayure. Sur une installation existante, reprenez donc le schéma déjà utilisé aux autres prises et au panneau de brassage, même si vous auriez choisi l’autre.
Comment suivre le repère A ou B sur une prise ou un keystone ?
Sur un module à bornes LSA, le repère à suivre est celui imprimé sur le module que vous tenez en main, pas un ordre appris par cœur. Les fiches du catalogue ne précisent pas ce marquage : elles indiquent seulement qu’un outil de frappe LSA est nécessaire pour assembler les prises murales RJ45, et qu’un connecteur keystone existe en version LSA (Cat6 UTP, 1,75 € HT au 29 octobre 2026) comme en version sans outil.
Sur un module LSA comme sur un connecteur serti, la règle de détorsadage s’ajoute : la TIA demande de conserver le torsadage des paires à 13 mm au plus du point de raccordement, en Cat5e et au-delà (repère cité par Fluke Networks). Les connecteurs RJ45 se sertissent selon le même tableau que celui de cette page. Pour la pose pas à pas d’une prise, le guide d’installation d’une prise RJ45 détaille chaque étape, et le tutoriel de réparation d’un câble RJ45 coupé couvre le cas d’un cordon à refaire.
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